Cap Handi

Calanque

ETAPE 11 – Le TEMOIGNAGE de Thierry

Thierry a embarqué à Toulon pour 7 jours de mer en compagnie de Loïc, Olivier son pote de toujours et Benoit le skipper…. Il nous raconte sa première expérience de marin : « Un escargot de mer. Avant que s’évaporent les embruns des souvenirs et que le goût du sel disparaisse de ma peau je voudrais consigner ce que j’ai retenu de cette semaine passée à bord du Sochris en Méditerranée de Toulon à Barcelone. Pas un carnet de bord laborieux des heures de navigation qui n’en fut qu’à moitié une. Pas le détail des routes empruntées car à l’échelle du monde c’est juste au bord d’une baignoire que nous avons voyagé. Ce que je veux dire ici de ce moment partagé, c’est sa subtilité. Mon ami olivier m’a invité il y a quelques années à imaginer de partager ensemble une de ses passions, la navigation à bord d’un voilier. Lorsque, sur les réseaux sociaux, j’ai découvert Cap Handi et les possibilités qu’offrait cette structure j’ai relancé l’histoire et c’est entre désir et appréhension que je me suis inscrit. Même si je suis voyageur, une semaine en bateau figurait pour moi le summum de la sortie de ma zone de confort. Sujet au mal de mer, paraplégique et loin de la jeunesse … l’idéal du marin ! Mon pote étant partant nous nous sommes retrouvés sur le quai de Toulon où nous attendait « Captain Ben », un gaillard buriné à la voix rocailleuse. Sa carrure rassurante et celle de mon pote pouvaient au moins me garantir les coups de main nécessaires à me manipuler. Déjà un point de gagné … ! L’humour déjà partagé par écrit à continué « live » immédiatement. L’attention simple et pratique ont contribué à faciliter les préparatifs d’embarquement qui dés le départ ne fut pas un départ ! Partis pour rester pour cause de Mistral ou bien de pas de vent et tout un tas de trucs qui font que la navigation à voile ne ressemble en rien à ce qui se passe à terre. L’avantage des années de « bourlingue » des uns et des autres fit que le plan B fut un plaisir à terre. Une improvisation circassienne dans un lieu idéal. Un partage de plaisir. Loïc nous a rejoint et l’équipage au complet, nous avons embarqué trouvant chacun nos marques avec naturel. L’attention de chacun, de certains plus que d’autres (question d’expérience) fit que nous avons cohabité au mieux dans cet espace clos sur une mer immense. C’était parti et en pointillés de calanques en ports et puis de ports en rades, à voile et à moteur, nous avons pris la mer. Au lieu de la nausée attendue c’est une sensation d’osmose qui m’à envahi peu à peu. Ce que j’avais pu lire des récits d’aventure ou de pirates prenait corps. J’ai commencé à ressentir les éléments qui m’entouraient et faute d’y participer activement j’ai vu l’intelligence des gestes qui rendent possible le mouvement volontaire. La mobilité sur l’eau, une de plus ! Un plaisir partagé dans une sorte d’ivresse, un décalage (je réalise que décaler peut aussi signifier sortir de sa cale , ou encore retirer ce qui bloque …) Le temps change de forme et c’est l’équation permanente de la position, des éléments, des ressources et des actes qui dictent la marche à suivre si on veut atteindre l’objectif qu’on se fixe. C’est la métaphore de la raison et de l’intelligence combinées. Je comprends et je ressens une nouvelle dimension de la mobilité. C’est un plaisir parfait quand au creux de la nuit en gîtant dans la houle, on ressent l’univers et que dans le sillage les traces luminescentes des planctons agités font naître des galaxies qui répondent aux étoiles. Ce sont des instants magiques, puissants et profonds. J’ai eu la joie d’y goûter pendant cette semaine et ce plaisir immense compense les quelques aléas de la navigation. Le plaisir des mouillages dans des lieux magnifiques, les bons moments à bord, les histoires partagées, les rencontres aux ports sont autant de pépites que j’ajoute à mon trésor d’escargot voyageur. Au fond de ma coquille un coffre de pirate s’est garni de souvenirs. Au changement d’équipage, au port de Barcelone c’est encore l’ivresse et le décalage qui m’ont emporté vers le reste de ma route. Dans mon bagage , de l’amitié, de belles images, des sensations et surtout le désir de continuer et de recommencer à voguer vers d’autres horizons. Un grand merci au capitaine et à mes coéquipiers pour la joie de ce voyage ainsi qu’à ceux qui me succèdent pour le plaisir de notre rencontre. Bonne navigation !

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LE TEMOIGNAGE de Dorine

Joël a rencontré Christophe sur les pontons de l’arrivée de la Route du Rhum en Décembre 2018. Dorine nous a trouvé grâce à l’internet. Tous les deux ont embarqué à Marseille pour 7 jours de navigation la dernière semaine de Mai… Dorine nous raconte son aventure à bord du Sochris Nine. « Je recherchais tout ce que je n’ai plus le droit de faire (rire). » « Mon médecin m’a fait une liste de tout ce que je n’ai plus le droit de faire avec mon handicap,  et depuis j’ai décidé de faire absolument tout ce qu’il a dans cette liste. Mais attention, de façon encadrée, sans prendre des risques inconsidérés. » « J’ai 46 ans, j’habite à Istres, et je suis originaire de la région parisienne. Je n’ai jamais fait de bateau de ma vie. » « Avant de partir, je suis surexcitée, comme une gamine, un peu anxieuse aussi. J’ai eu Jean-Michel au téléphone, il m’a mise à l’aise, et puis Christophe, le skipper, m’a beaucoup rassurée. Tous les deux ont répondu à mes questions et mes appréhensions. » « Je suis arrivée le premier jour avec mes packs d’eau (j’avais été mandatée spécialement pour ça). Je suis la première à bord et je découvre le bateau.  Je me rends compte qu’il est super accessible immédiatement. C’était plutôt rassurant. Il est très fonctionnel aussi. »   © photos Dorine « Je rentre dedans avec mes valises. Christophe me présente le coin cuisine à gauche en entrant ; la table à cartes de l’autre côté ; le carré transformé en tatami et la cabine du fond. Avec humour il me donne des leçons de sécurité aussi, il m’explique comment bien utiliser les wc pour ne pas faire couler le bateau par le trou d’évacuation des toilettes. Et finalement il me présente ma cabine, c’est la cabine arrière droite (Tribord). » « Il était prévu qu’on aille en direction de l’Italie cette semaine, mais rapidement Christophe nous dit qu’il vaut mieux oublier les côtes italiennes pour éviter l’effet machine à laver. Il choisit donc de nous diriger vers la Corse. Y a pire comme destination alternative ! C’est très chouette. » « Sur le bateau, la gestion du corps dans ce nouvel environnement s’est faite assez naturellement. Je me suis acclimatée beaucoup plus vite que je ne l’imaginais. Cela m’a permis de me dépasser, et d’être d’autant plus fière de moi. » « Mon handicap est lié à la proprioception, la perception de son corps. Cela me provoque des problèmes d’équilibre, de notions des distances aussi… Tout ce qu’il ne faut pas dans un bateau ! Etre sur le bateau avec ces contraintes là, c’est un vrai gros challenge physique et mental. » « J’ai une maladie génétique orpheline qui touche les tissus conjonctifs et mes articulations. Je l’ai depuis la naissance, mais ça fait seulement deux ans que je suis en fauteuil. Je reste mobile. Je peux parfois me mettre sur mes jambes. Je suis en fauteuil à mi-temps en fait. Mais il fallait juste trouver de nouveaux repères dans cet environnement. On s’adapte, avec des déplacements pour moi sur les genoux, sur les fesses. Il faut mettre une nouvelle stratégie de confort en place. Tout est équipé pour, alors ça se fait facilement. » Bilan de cette semaine : « J’ai tout vécu ! Le mal de mer, de terre… J’ai eu la chance d’avoir les deux ! J’ai vu des choses exceptionnelles. Entre Marseille et la Corse on a croisé des dauphins, et même des baleines. Ils jouaient avec le bateau, on a pu les admirer longtemps. J’avais jamais vu ça ! C’est gravé en moi à jamais. Cela a été une expérience humaine géniale, personnelle aussi avec du dépassement de soi. C’est du partage avant tout. Et c’est le but aussi. On est entouré de personnes d’horizons différents, avec des handicaps différents, et finalement l’alchimie se met en place, même s’il y a des divergences d’univers ou de personnalités. » Mon souvenir le plus dur : « le mal de mer, les nausées, les vomis. Mais je les ai déjà oublié. » Mon plus beau souvenir : « Les levers et couchers de soleil, les dauphins, les baleines (voir la vidéo sur facebook click ici), les apéros tous ensemble et les éclats de rire. » « On s’est quitté à la fin de la semaine après avoir rencontré l’équipage suivant. On a passé le flambeau. A eux ensuite de vivre à leur tour leurs aventures extraordinaires. »  Voilà ça se passe comme ça avec CAP HANDI à bord du Sochris Nine… On remercie Dorine pour son témoignage et ces photos magnifiques. Vous pouvez continuer à suivre ses aventures sur la page facebook : Handi’amo leon.

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